Arnaque au placement aux petite annonces et le récit d’une tentative de chantage

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Au sommet de la pyramide de l’arnaque au placement,
les faux sites de trading a domicile  tiennent le haut du pavé.

 

 

Le “traiding a domicile “, c’est le marché des changes hautement spéculatif sur lequel se négocient les devises convertibles.

Seuls les « traders » expérimentés osent s’y aventurer. Les gains y sont potentiellement énormes. Tout comme les pertes.
Une fois recruté par une faux site, il n’y a plus que des pertes en perspective pour l’investisseur en ligne du” dimanche”.
Tout est faux ! Les cours qui s’affichent sur votre écran sont manipulés. Les « traders » qui vous coachent mettent tout en œuvre pour retarder le moment de la prise de conscience de la supercherie.
Pour s’improviser « trader » à domicile, le piégé a directement envoyé ses deniers sur les comptes des arnaqueurs, rassemblés « dans des structures criminelles plus organisées.
Si les premières affaires imaginaires semblent vous récompenser largement, le site et vos interlocuteurs disparaîtront dans la nature si jamais vous osez demander un retrait des sommes investies et des gains.

 

2 L’arnaque aux petites annonces.

Des petites annonces en ligne dopées à la malhonnêteté salissent les rangs des sites comme Immoweb, eBay, 2ememain…
Le fléau est tel que le spécialiste des annonces immobilières relaie un avertissement sur sa page d’accueil.
« Soyez vigilants lorsque vous tombez sur un bien dont le prix semble être trop beau pour être vrai », insiste Immoweb.
Le cas emblématique, « c’est le bien proposé à la location à un prix nettement inférieur à ceux de marché », explique Olivier Bogaert. « Ce bien est loué par un prétendu fonctionnaire européen renvoyé dans son pays pour une mission d’une durée indéterminée. Comme il ne souhaite pas laisser inoccupé cet appartement dont il est le propriétaire, il accepte de le louer à prix réduit, même à des étudiants qui pensent tomber sur l’affaire du siècle.
Comme il est à l’étranger, le propriétaire demande qu’une garantie soit déposée à un intermédiaire, via Western Union ou une mule, afin que ce tiers ne se déplace pas pour rien au moment d’assurer la visite, conclure le bail dans la foulée et remettre les clés. »

 De Facebook à Skype, le récit d’une tentative de chantage à la « sextape »

 

Publier une vidéo compromettante de vous sur YouTube pour vous soutirer de l’argent, c’est le but de la manœuvre d’arnaque et de manipulation déployée sur Facebook et Skype par les
Publier une vidéo compromettante de vous sur YouTube pour vous soutirer de l’argent, c’est le but de la manœuvre d’arnaque et de manipulation déployée sur Facebook et Skype par les “brouteurs”.-Facebook / Skype
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Nous avons testé pour vous le chantage sexuel déployé sur Facebook et Skype par les « brouteurs » de Côte d’Ivoire. Le récit est édifiant.
Entre exploitation de la solitude et pillage de la vulnérabilité, les tentatives de chantage sexuel menées sur les réseaux sociaux osent sortir les gros sabots à l’heure de préparer la négociation du prix du silence.
Comment ces prédateurs virtuels piègent-ils à distance des âmes crédules en quête de chaleur humaine et/ou de sensations fortes ?
Ce week-end, nous avons volontairement endossé le rôle du mouton appétissant égaré dans les prés dans la naïveté simulée.
« Je suis dans ma chambre sur mon lit »
Samedi, 15 h 30. Sur Facebook, une inconnue vous offre tout à coup son amitié sur un plateau aussi doré que sa longue crinière.
Ça, c’est l’effet magique des réseaux sociaux habilement manipulés par des esprits mal intentionnés.
Visiblement assemblé à la minute, le profil de Lynce D. nous présente fugitivement la vie familiale d’une jolie jeune femme originaire de Charleroi.
Les clichés ? Plus que probablement volés sur un profil Facebook en bonne et due forme.
Une fois le contact noué, l’orthographe suspicieuse de l’ancienne… « pharmacienne caisière » se confirme.

Après une poignée de banalités orientées (« Moi je suis coiffeuse et dit moi tu vis seul ou en famille ?), la communication adopte un ton résolument direct.

Un dialogue par vidéo Skype interposée, déjà ?
Minute papillon. Le moment est venu de freiner les ardeurs de la prétendue Carolo, en prétextant l’obligation de rejoindre des amis.
« alors dit moi tu aime les femme coquine »
Le lendemain, c’est la désillusion dominicale temporaire.
Le profil Facebook de Lynce (pour Lindsay ?) est aux abonnés absents.
Sur Skype par contre, la jeune femme surgit comme un diable hors de sa boîte pour se rebeller (« pour quoi tu bloquer mon compte facebook ?? »), avant de se souvenir miraculeusement que son « compte à été piraté attend je crée un compte tout suite OK ?? ».
Comme par enchantement, Lynce D. signe son grand retour sur le réseau cher à Mark Zuckerberg.
L’édition revue et corrigée de sa biographie montre soudainement que nous avons partagé dans le passé… le même employeur.
Peu importe, la mécanique s’emballe sur Skype.

 

 

La communication par vidéo interposée est imminente.
Les premières secondes sont hésitantes.
L’écran est noir. Aucun son n’est perceptible. Puis… Une jeune femme légèrement vêtue inonde l’écran de sa présence.
Elle ne ressemble pas le moins du monde à Lynce D. de Facebook.

La tentatrice semble aussi muette que sourde, ignorant la moindre de nos interpellations.
Logique, c’est clairement une vidéo de strip-tease qui défile, ponctuée de messages explicites pour nous inciter à nous masturber face à la caméra.
But de la manœuvre : capturer les images compromettantes, les publier sur YouTube et réclamer un versement pour la supprimer.
Les « brouteurs » de Côte d’Ivoire
« Bien connu, ce mode opératoire est essentiellement déployé depuis l’ouest de l’Afrique en général, depuis la Côte d’Ivoire en particulier », détaille Olivier Bogaert, commissaire de la Computer Crime Unit. « Entre eux, les auteurs de ces arnaques se baptisent les brouteurs (NDRL : imposteurs). Il ne faut pas y voir la moindre connotation déplacée. Ce nom vient d’une technique qu’ils ont piquée au Nigéria.
« Ces brouteurs ciblent les profils qu’ils contactent, notamment sur leurs ressources présumées. Ils publient la vidéo compromettante sur YouTube, en limitant le visionnage à la seule adresse email du compte Skype de la victime. Cette dernière n’a pas conscience de ça et, si elle accepte un premier versement pour obtenir le retrait des images, les demandes vont se répéter graduellement. 200 €, 300 €, 400 €…
« Les plaintes ne sont pas rares, elles sont récoltées par la police locale. C’est loin de diminuer au fil du temps », poursuit l’expert.
Comment éviter de tels déboires ?
« D’abord, en faisant le tri et en n’acceptant pas n’importe qui sur les réseaux sociaux.
Ensuite, si le contact est noué, en posant des questions précises sur les lieux dont la personne se dit être originaire. Comme tout est inventé de toutes pièces, il est possible de la confondre.
Enfin, en encodant le pseudo sur Google, pour vérifier si d’autres Internautes s’en plaignent, et en proposant pourquoi pas une rencontre dans la vraie vie. »

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